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Philppe Bernard


En bref

Depuis son entrée dans le champ des arts plastiques, et dans une perspective d'hétéronomie, la photographie tend à abolir la frontière qui la sépare des autres médiums, en particulier la peinture. Me situant à cet endroit, j'utilise l'outil photographique, censé capter le visible, pour questionner l'évidence de la vue et son hégémonie. Exploitant l'ambiguïté et le paradoxe, mon travail ouvre aux dialectiques de l'intérieur et de l'extérieur, du visible et de l'invisible, et brouille les frontières qui les séparent les uns des autres. Il instille un trouble qui trouve sa forme au sein du questionnement sur l'identité et de son caractère subjectif. Sur ces images, on voit... qu'on ne voit pas bien. Tout semble altéré, déformé, uni dans une représentation expressionniste de l'humain. Qu'il s'agisse de paysages ou de portraits, tout y est flou, aucune trace de réalité n'est apparente, rien de visible n'est reconnaissable. Nous sommes pourtant bien ici en présence de photographies. Ecrire avec la lumière. Pour tenter d'appréhender l'expérience photographique, le passage de la matière à la lumière, depuis 2008, je cesse de retoucher les images et concentre le travail sur la prise de vue. Les titres qui attestent des paysages ou des objets photographiés soigneusement mis en scène accentuent le décalage et créent une dissonance entre l'image représentée et l'information donnée par l'écrit. Par cette mise à distance extrême de la réalité – un affranchissement du visible –, ce paradoxe souligne la subjectivité du regard, tant dans le processus que dans la réception du spectateur. La photographie est bien un simulacre. Au fil des séries, j'effeuille le corps humain pour essayer de mieux voir, pour tenter d'accéder au plus près d'une identité si fuyante et indécise. En parallèle de ces travaux photographiques, j'organise des actions qui prolongent ce questionnement. Ainsi, à chacune de mes expositions, j'invite d'autres Philippe Bernard à porter un badge à notre nom, tout en restant eux-mêmes ; une autre manière de questionner la vue. Fin 2011, j'ai vécu intimement avec une inconnue sans jamais la voir de mes yeux – pas même en photo. Quand je l'ai vue, au bout de deux mois, il s'est créé un décalage de perception entre son identité propre et sa représentation, son corps visible marquant la frontière. Faut-il ne pas bien voir pour mieux voir ? Philippe Bernard

CV. resume

E x p o s i t i o n s   p e r s o n n e l l e s

2010 Dégénérés
- Itinéraires photographiques en Limousin – Limoges (France)
- Château Cablanc – St-Pey-de-Castets (France)

Nouakchott Opus Incertum
- Festival de photographie de Toulouse (France)
- Argonne – Bordeaux (France)

Ombres blanches
- Instantané 2010, 1ère biennale de photographie – La Teste (France)

2009 Dégénérés
- Galerie du Centre iris – Paris (France)

Vestiges d’avenir
- Exposition itinérante dans des CCF (Praïa, Ibadan)

Ombres blanches
- Galerie Amal – Grenoble (France)

2008 Vestiges d’avenir
- Exposition itinérante dans des CCF (Nouakchott, Bamako, Niamey, Bissau)
- Quinzaine photographique de Blain – Blain (France)

Ombres blanches
- Itinéraires des photographes voyageurs – Bordeaux (France)

2007 Vestiges d’avenir
- Festival OFF des Chroniques Nomades – Honfleur (France)
- Projection « La rue est à nous … tous ! » - Paris (France)

2006 Nouakchott opus incertum
- Centre Culturel Français – Nouakchott (Mauritanie)

2003 Disparition
- Métro Chungshan – Taipei (Taïwan)

2000 People of the fish market
- Sultan Qaboos University – Muscat (Oman)

1998 People of Oman, People of India
- Oman Society for Fine Arts – Muscat (Oman)

P r i x

2009 Prix Caféfoto – Arles

P a r u t i o n s

2006 Nouakchott opus incertum – Catalogue de l’exposition au CCF

PRESSE. press