En bref
Les vampires reviennent à Paris! Ils ne sortent que la nuit, assoiffés d’images fraîches.
Mark Blezinger vit depuis 1989 entre l’Allemagne et Paris. En parallèle avec son travail cinématographique et théâtral, il a exposé ses photographies BACK TO MODERN MYTH à New York, Zurich, Madrid et Berlin. Certaines de ses images sont en relief, grâce à l'emploi d'une nouvelle technologie 3D : l’Alioscopy.
« La Nuit des Vampires » est une collection évolutive de photomontages qui semblent être tirés d’un film fantastique ou d’un livre ancien. Romantisme et expressionnisme allemand en sont certainement les deux grandes sources d’inspiration.
Après avoir longtemps travaillé en noir et blanc sur le thème des mythologies à partir d'images souvent autobiographiques réalisées lors de ses voyages, Mark Blezinger nous propose une autre manière de concevoir ses images. Mélangeant prises de vue en studio, décors naturels, acteurs, éclairages élaborés et effets spéciaux, ces photo-peintures en couleur mettent en scène le théâtre vampirique moderne.
Certaines photographies ont pour thème la gastronomie. Elles sont accompagnées de recettes originales crées à cette occasion par Jéremy Rosenbois, qui a fait ses premières armes chez Ducasse, actuellement chef du restaurant "CRU" qui se trouve à un jet de gousse d'ail de la galerie.
Mark Blezinger vit depuis 1989 entre l’Allemagne et Paris. En parallèle avec son travail cinématographique et théâtral, il a exposé ses photographies BACK TO MODERN MYTH à New York, Zurich, Madrid et Berlin. Certaines de ses images sont en relief, grâce à l'emploi d'une nouvelle technologie 3D : l’Alioscopy.
« La Nuit des Vampires » est une collection évolutive de photomontages qui semblent être tirés d’un film fantastique ou d’un livre ancien. Romantisme et expressionnisme allemand en sont certainement les deux grandes sources d’inspiration.
Après avoir longtemps travaillé en noir et blanc sur le thème des mythologies à partir d'images souvent autobiographiques réalisées lors de ses voyages, Mark Blezinger nous propose une autre manière de concevoir ses images. Mélangeant prises de vue en studio, décors naturels, acteurs, éclairages élaborés et effets spéciaux, ces photo-peintures en couleur mettent en scène le théâtre vampirique moderne.
Certaines photographies ont pour thème la gastronomie. Elles sont accompagnées de recettes originales crées à cette occasion par Jéremy Rosenbois, qui a fait ses premières armes chez Ducasse, actuellement chef du restaurant "CRU" qui se trouve à un jet de gousse d'ail de la galerie.
CV. resume
Né en 1962 à Baden-Baden, Allemagne
EXPOSITIONS
2009 -GALERIE BASIA EMBIRICOS, Paris «La Nuit des Vampires»
-Exposition collective pour le magazine Travioles
-SLICK au 104, Paris, Galerie Basia Embiricos
-ART ATHINA, Athènes, Galerie Basia Embiricos
-SONIC, Vienne
-GOLDBACH CENTER, KüsnachtZürich 2008 -2-Art Gallaria Punt & Kunstraum Riss, Samedan-
St. Moritz
-ARTPHOTOEXPO Miami, USA. Galerie Basia Embiricos
-SALON DE L’ALIOSCOPY, Neuilly. Image relief
-GALERIE BASIA EMBIRICOS, Paris. Exposition collective MOIS DE LA PHOTO
-STRANDHOTEL STEIGENBERGER, Zingst, Allemagne. «Back to Modern Myth»
2007 -GALERIE BASIA EMBIRICOS, Paris. Exposition collective
-Y-GALLERY, New York. Exposition collective
-CARMIGNAC GESTION, Place Vendôme, Paris
2006 -GALERIE TROMPETE, Berlin. Exposition
-GALERIE PORT AUTONOME, Paris. Exposition collective
2005 -GALERIE VIEILLE DU TEMPLE, Paris. Exposition collective
-ESTAMPA, Madrid,. Bervillé-Editions
-GALERIE BERVILLÉ, Paris. Exposition collective pendant la FIAC
2004 -SATIS, Paris. Salon international français de l’audiovisuel.
1999 -ECOLE DES BEAUX ARTS, Paris. Exposition et projection
du documentaire DUCHENNE DE BOULOGNE OU L’ANATOMIE DES PASSIONS
1988/89
-SCHAUBÜHNE, Berlin et THÉÂTRE DE L’EUROPE, Paris.
-L’EXPRESSION DES ÉMOTIONS DANS LA PHYSIONOMIE HUMAINE, travail
photographique réalisé avec les acteurs de la
Schaubühne am Lehniner Platz
EXPOSITIONS
2009 -GALERIE BASIA EMBIRICOS, Paris «La Nuit des Vampires»
-Exposition collective pour le magazine Travioles
-SLICK au 104, Paris, Galerie Basia Embiricos
-ART ATHINA, Athènes, Galerie Basia Embiricos
-SONIC, Vienne
-GOLDBACH CENTER, KüsnachtZürich 2008 -2-Art Gallaria Punt & Kunstraum Riss, Samedan-
St. Moritz
-ARTPHOTOEXPO Miami, USA. Galerie Basia Embiricos
-SALON DE L’ALIOSCOPY, Neuilly. Image relief
-GALERIE BASIA EMBIRICOS, Paris. Exposition collective MOIS DE LA PHOTO
-STRANDHOTEL STEIGENBERGER, Zingst, Allemagne. «Back to Modern Myth»
2007 -GALERIE BASIA EMBIRICOS, Paris. Exposition collective
-Y-GALLERY, New York. Exposition collective
-CARMIGNAC GESTION, Place Vendôme, Paris
2006 -GALERIE TROMPETE, Berlin. Exposition
-GALERIE PORT AUTONOME, Paris. Exposition collective
2005 -GALERIE VIEILLE DU TEMPLE, Paris. Exposition collective
-ESTAMPA, Madrid,. Bervillé-Editions
-GALERIE BERVILLÉ, Paris. Exposition collective pendant la FIAC
2004 -SATIS, Paris. Salon international français de l’audiovisuel.
1999 -ECOLE DES BEAUX ARTS, Paris. Exposition et projection
du documentaire DUCHENNE DE BOULOGNE OU L’ANATOMIE DES PASSIONS
1988/89
-SCHAUBÜHNE, Berlin et THÉÂTRE DE L’EUROPE, Paris.
-L’EXPRESSION DES ÉMOTIONS DANS LA PHYSIONOMIE HUMAINE, travail
photographique réalisé avec les acteurs de la
Schaubühne am Lehniner Platz
PRESSE. press
Le Figaro.fr SCOPE
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Magazine CHASSEUR D'IMAGE #318 Novembre 2009
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Magazine REPONSES PHOTO #212 Nomvembre 2009
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« Vampires Dreams - Vamps Empire »
Par Yan Ciret
La photographie nous plonge toujours dans une messe noire, une chambre obscure, un négatif qui passe du noir au blanc. Depuis son origine, Nosferatu en est l’emblème pelliculaire, au tombeau le jour, se révélant la nuit ; il est le buveur de sang, ce parfait maître des métamorphoses de nos images, de nos corps fantômes, le Lucifer qu’aucun miroir ne reflète. S’il se sert de ces fantasmagories, qui plongent dans les chimères scientifiques du romantisme le plus noir, Mark Blezinger en détourne l’inconscient en comédie du mystère.
Ses images procèdent par énigmes, par mises en scène de tableaux vivants, les acteurs sont tous porteurs d’une histoire qui vient de loin. Certains paraissent absorbés par un songe du bizarre, d’autres regardent la scène comme une apparition maléfique, certaines victimes restent suspendues, candides de la férocité ironique des éléments : le ciel zébré de charbon et d’étoiles filantes, les cryptes de lumière du saint supplice, des femmes fatales et des vamps empire d’un érotisme froid. Le charme brûlant, de ces photographies, ressort d’un feu ou sexe, mort et désir, jouent à la loterie des fantasmes, à la roulette russe d’une main de velours, dans un gant d’acier.
Ces cadres, sulfureux et implacables dans leur logique, nous placent à l’intérieur d’une théâtralité élaborée pour nous égarer. Mark Blezinger metteur en scène sait parfaitement nous inclure dans son dispositif. Nous sommes le personnage manquant sur l’image qui nous regarde. Celui qui tient réellement la place du vampire, mais que la toile ne réfléchit pas. Le crâne d’Hamlet nous sourit droit dans les yeux, les oiseaux paniques du Vertigo nous entraînent dans leur chute d’escaliers, en labyrinthes, corridors, la Mariée ne se doute pas que nous sommes complices de son sacrifice gothique de poupée opalescente.
Ce théâtre aussi joyeux que macabre, dont l’euphorie laisse un goût de chair brûlée, de larmes innocentes, d’amours perverses, renvoie aux marionnettes de Kleist, aux forêts des monstres de Gaspard Friedrich, aux noirs hybrides de Füssli. La technique photographique la plus moderne délivre de sa boîte de Pandore l’inconscient de ce romantisme allemand. Fracs de croque-morts, d’huissiers de justice, de savants docteurs Mabuse, robes vaporeuses d’impératrices de carnaval, latex de dominatrice, genres sexuels échangés, identités troublent, loups et masques d’un « bal des vampires » qui garde le secret de sa fête.
Plus proches de nos univers, les collages de Max Ernst, découpés dans les journaux de mode, ressemblent à ces photographies où Mark Blezinger agence le glamour avec la terreur, le rire et le pieu de la croix inversée qui cloue le Dracula dans sa terre d’éternité. Atget, Niepce, Muybridge sortent de leurs tombeaux, d’images arrêtées, pour reprendre du mouvement. Le photographe atteint la mesure du tableau, le saisissement pictural, le grain étamé qu’il fait revenir dans un jeu de signes ambivalents : l’enfance du « petit cheval » de bois, le meurtre du père, le sarcasme ricanant du croupier de la salle de jeu et son tapis truqué, la jeune fille virginale et ses spectres sombres et lascifs. La toile cinématographique qui servit au « Vampyr » de Dreyer ou à Murnau se met à parler.
Le muet blafard, aux ongles retournés en spirales, se change ici en un chromatisme chamarré, outré, baroque, par des éclats de couleurs fauves. Statisme de pierre du vivant et mobilité de la mort, la dormeuse alanguie et l’insomniaque éveillé, la menace de l’ombre sans ombre, et sur chaque image l’empreinte d’un vice qui aurait trouvé sa vertu pour le punir.
Chaque plan succède à un autre, qui le précède, dans cette série « Vampires », où une parcelle de légende en éclaire une autre ; dans chaque scène existe un rush filmique qui appartient à un seul long-métrage fantastique. Le cadrage paraît avoir été tourné par plusieurs caméras disposées de manière contradictoire. Les personnages semblent filmés de points de vue opposés, et pourtant se reconnaître dans un scénario unique. Suspense du thriller dont la résolution ne vient jamais, relançant les variations optiques, les déséquilibres sensoriels, la question n’est plus qui a tué, ni comment, avec quelle arme, mais où est le corps ? On pense au David Lynch de « Inland Empire », film vertigineux, où comme ici quelqu’un a disparu, tout au long d’un script sans entrée de pistes ni sortie de secours.
Au-delà des références, que manipule Mark Blezinger, ses montages photographiques touchent au plus vif. Ils montrent qu’une nouvelle technologie de l’image s’applique à la façon d’une dramaturgie, l’épopée peut s’y lire de manière intime, en superposant des temps différents et des espaces hétérogènes. Le nain, la déesse et la prothèse, les freaks forains et la licorne, un bestiaire surnaturel envahissant une série noire du boulevard du crépuscule américain. La rectitude des cadres, la composition des gestes pris en profondeur, des actions saturant le premier plan, concourent à cette impression de rêve glacé dans le gel d’un verre d’entomologiste. Dans le même temps, on ressent le coup de fouet, par la contamination folle des images, comme à chaque morsure, vient le venin de la beauté.
Yan Ciret,
critique, essayiste, commissaire d’exposition et producteur à France Culture.
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Magazine CHASSEUR D'IMAGE #318 Novembre 2009
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Magazine REPONSES PHOTO #212 Nomvembre 2009
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« Vampires Dreams - Vamps Empire »
Par Yan Ciret
La photographie nous plonge toujours dans une messe noire, une chambre obscure, un négatif qui passe du noir au blanc. Depuis son origine, Nosferatu en est l’emblème pelliculaire, au tombeau le jour, se révélant la nuit ; il est le buveur de sang, ce parfait maître des métamorphoses de nos images, de nos corps fantômes, le Lucifer qu’aucun miroir ne reflète. S’il se sert de ces fantasmagories, qui plongent dans les chimères scientifiques du romantisme le plus noir, Mark Blezinger en détourne l’inconscient en comédie du mystère.
Ses images procèdent par énigmes, par mises en scène de tableaux vivants, les acteurs sont tous porteurs d’une histoire qui vient de loin. Certains paraissent absorbés par un songe du bizarre, d’autres regardent la scène comme une apparition maléfique, certaines victimes restent suspendues, candides de la férocité ironique des éléments : le ciel zébré de charbon et d’étoiles filantes, les cryptes de lumière du saint supplice, des femmes fatales et des vamps empire d’un érotisme froid. Le charme brûlant, de ces photographies, ressort d’un feu ou sexe, mort et désir, jouent à la loterie des fantasmes, à la roulette russe d’une main de velours, dans un gant d’acier.
Ces cadres, sulfureux et implacables dans leur logique, nous placent à l’intérieur d’une théâtralité élaborée pour nous égarer. Mark Blezinger metteur en scène sait parfaitement nous inclure dans son dispositif. Nous sommes le personnage manquant sur l’image qui nous regarde. Celui qui tient réellement la place du vampire, mais que la toile ne réfléchit pas. Le crâne d’Hamlet nous sourit droit dans les yeux, les oiseaux paniques du Vertigo nous entraînent dans leur chute d’escaliers, en labyrinthes, corridors, la Mariée ne se doute pas que nous sommes complices de son sacrifice gothique de poupée opalescente.
Ce théâtre aussi joyeux que macabre, dont l’euphorie laisse un goût de chair brûlée, de larmes innocentes, d’amours perverses, renvoie aux marionnettes de Kleist, aux forêts des monstres de Gaspard Friedrich, aux noirs hybrides de Füssli. La technique photographique la plus moderne délivre de sa boîte de Pandore l’inconscient de ce romantisme allemand. Fracs de croque-morts, d’huissiers de justice, de savants docteurs Mabuse, robes vaporeuses d’impératrices de carnaval, latex de dominatrice, genres sexuels échangés, identités troublent, loups et masques d’un « bal des vampires » qui garde le secret de sa fête.
Plus proches de nos univers, les collages de Max Ernst, découpés dans les journaux de mode, ressemblent à ces photographies où Mark Blezinger agence le glamour avec la terreur, le rire et le pieu de la croix inversée qui cloue le Dracula dans sa terre d’éternité. Atget, Niepce, Muybridge sortent de leurs tombeaux, d’images arrêtées, pour reprendre du mouvement. Le photographe atteint la mesure du tableau, le saisissement pictural, le grain étamé qu’il fait revenir dans un jeu de signes ambivalents : l’enfance du « petit cheval » de bois, le meurtre du père, le sarcasme ricanant du croupier de la salle de jeu et son tapis truqué, la jeune fille virginale et ses spectres sombres et lascifs. La toile cinématographique qui servit au « Vampyr » de Dreyer ou à Murnau se met à parler.
Le muet blafard, aux ongles retournés en spirales, se change ici en un chromatisme chamarré, outré, baroque, par des éclats de couleurs fauves. Statisme de pierre du vivant et mobilité de la mort, la dormeuse alanguie et l’insomniaque éveillé, la menace de l’ombre sans ombre, et sur chaque image l’empreinte d’un vice qui aurait trouvé sa vertu pour le punir.
Chaque plan succède à un autre, qui le précède, dans cette série « Vampires », où une parcelle de légende en éclaire une autre ; dans chaque scène existe un rush filmique qui appartient à un seul long-métrage fantastique. Le cadrage paraît avoir été tourné par plusieurs caméras disposées de manière contradictoire. Les personnages semblent filmés de points de vue opposés, et pourtant se reconnaître dans un scénario unique. Suspense du thriller dont la résolution ne vient jamais, relançant les variations optiques, les déséquilibres sensoriels, la question n’est plus qui a tué, ni comment, avec quelle arme, mais où est le corps ? On pense au David Lynch de « Inland Empire », film vertigineux, où comme ici quelqu’un a disparu, tout au long d’un script sans entrée de pistes ni sortie de secours.
Au-delà des références, que manipule Mark Blezinger, ses montages photographiques touchent au plus vif. Ils montrent qu’une nouvelle technologie de l’image s’applique à la façon d’une dramaturgie, l’épopée peut s’y lire de manière intime, en superposant des temps différents et des espaces hétérogènes. Le nain, la déesse et la prothèse, les freaks forains et la licorne, un bestiaire surnaturel envahissant une série noire du boulevard du crépuscule américain. La rectitude des cadres, la composition des gestes pris en profondeur, des actions saturant le premier plan, concourent à cette impression de rêve glacé dans le gel d’un verre d’entomologiste. Dans le même temps, on ressent le coup de fouet, par la contamination folle des images, comme à chaque morsure, vient le venin de la beauté.
Yan Ciret,
critique, essayiste, commissaire d’exposition et producteur à France Culture.





