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Souhed Nemlaghi


En bref

Arthur Souhed Nemlaghi est un artiste, architecte et designer britannique né à Tunis.
La démarche de Souhed Nemlaghi est dite « anesthétique » parce qu'elle met entre parenthèses ce qui est visible, ce qui est beau, ce qui est célèbre ou ce qui entre dans les catégories sociales du monde de l'art. Il travaille le plus souvent dans l'anonymat.

Souhed a étudié l’architecture, le design et les beaux-arts à Londres à Kingsway Princeton College et à Middlesex University.
Il fonde en 2000 l'atelier ennemlaghi, un espace de recherches plastiques réunissant des gens de tous les horizons.
Il est l’auteur de nombreuses réalisations en France, tant privées que publiques, au Centre Georges Pompidou, au Palais du Louvre, pour la Succession Picasso, la Fondation Cartier pour l’art contemporain, le VIA. Editions de l'atelier collectif "ennemlaghi Ltd":

• Twentieth Century Air (2000) : une série de deux mille ampoules pharmaceutiques recueillant l'air du xxe siècle en un volume de vingt centimètres cube comme mémoire de la période écoulée.

• édition de 2000 à 2003 du fauteuil Red Cube : dessiné et mis au point par régis Mayot (plasticien/designer) en 1999: un fauteuil transparent en PVC formé de ressorts qui marque le monde du design par son esthétique futuriste quand bien même sa technique est celle de la manufacture du XVIIIe siècle.

• Immaculate Conception (2002) : un prototype d'architecture expérimentale : « un lieu immatériel entièrement blanc du sol au plafond à la terrasse » où toute dimension utilitaire est invisible "comme une galerie d'art vide" ou comme une "énorme sculpture plastique", qui constitue le dernier chapitre dans l'histoire des intérieurs parisiens.

Œuvres :

• Leather Apartment (2002 ?)

• Baby Dolls (2003) : un podium en verre composé de mille baigneurs en celluloïd pour un défilé de mode : cette œuvre prend valeur de manifeste pour la paix dans le contexte du début de la guerre d'Irak5.

• Pain Couture by Jean-Paul Gaultier (2004) : pour le 20e anniversaire de la Fondation Cartier pour l'art contemporain, à Paris, Souhed Nemlaghi produit le concept de transformer le lieu d'exposition en véritable boulangerie où l'on vend des baguettes et où le pain devient aussi le matériau pour des sculptures.

Nativité Laïque (2005) : installation dans le Centre Georges Pompidou de quatre ânes portant les noms de fondateurs de religion: un tableau contemporain de la nativité qui interroge l'institution culturelle à l'occasion du centenaire de la loi française sur la laïcité7.

CV. resume

ART

2010 Galerie Basia Embiricos, Paris
2005 Centre Georges Pompidou, Paris
2004 Fondation Cartier, Paris

DESIGN

2008 Kiton, Milan, Italie
2002 VIA
2000 Galerie MBE

ARCHITECTURE


2003 Villa Jean-Paul Gaultier
2001 Didier Bohbot, Paris
1998 Heathrow Airport, Londres

PRESSE. press

La démarche anesthétique de Souhed Nemlaghi

La théorie que j’appelle « anesthétique » désigne un champ critique et une possibilité d’élargissement de l’esthétique consistant dans la mise en question et la réflexion sur l’avenir de ses concepts fondamentaux à commencer par le concept d’art. L’esthétique dit : « il y a de l’art » ; la tâche de l’esthétique est de penser les œuvres d’art. Le principe de l’anesthétique, au contraire, serait de dire : « il n’y a pas d’art ; il n’y a pas d’œuvre d’art » ; la tâche de la théorie est de penser cette situation. La théorie anesthétique s’opposerait ainsi à l’esthétique ; et l’alpha privatif accuserait cette distance. Mais un tel préfixe indique une simple absence de détermination, et non une négation. L’anesthétique est seulement un mode de suspension des catégories de l’esthétique. Esthétique et anesthétique se trouvent, en effet, dans un rapport de continuité. Car l’enquête sur les origines historiques de l’esthétique comme discipline métaphysique montre que la proposition anesthétique se trouve également au fondement de l’esthétique comme discipline positive. La proposition « Il n’y a pas d’art » s’entend ainsi en deux sens distincts. L’un concerne le concept de l’œuvre d’art tel qu’il est élaboré historiquement par l’esthétique ; l’autre concerne la réalité présente ou à avenir de l’œuvre d’art. L’analyse de ces deux significations conduit à une redéfinition du champ de l’esthétique comme anesthétique.
Penser l’avenir de l’œuvre d’art, dans ces conditions, c’est penser l’art dans une situation où il se trouve radicalement questionné, dans une situation marquée par la « fin de l’histoire de l’art », par la possible disparition de « l’œuvre d’art », soit dans une situation où il devient possible de dire : « il n’y a pas d’art ». Il ne s’agit pas de prophétiser ce que sera l’œuvre d’art du futur, mais de penser le concept d’art dans une perspective téléologique, soit d’en penser les conditions de possibilité ; de penser l’art, par conséquent, non pas comme un concept empirique, mais comme un concept « transcendantal ». Cela implique : 1° de remettre alors en question le cadre de l’histoire de l’art hérité de l’esthétique ou le cadre de l’esthétique comme science historique ; 2° d’envisager le concept d’art sous une nouvelle forme, sous une forme « anesthétique ». C’est ce à quoi peut nous conduire l’analyse de la proposition « il n’y a pas d’œuvre d’art ».


Texte extrait de l’article « Esthétique et anesthétique : l’avenir de l’œuvre d’art » par Alain Patrick Olivier © Revue Etudes Germaniques, 2009.