En bref
Rubrique en construction
coming soon
CV. resume
ART
2010 Galerie Basia Embiricos, Paris
2005 Centre Georges Pompidou, Paris
2004 Fondation Cartier, Paris
DESIGN
2008 Kiton, Milan, Italie
2002 VIA
2000 Galerie MBE
ARCHITECTURE
2003 Villa Jean-Paul Gaultier
2001 Didier Bohbot, Paris
1998 Heathrow Airport, Londres
2010 Galerie Basia Embiricos, Paris
2005 Centre Georges Pompidou, Paris
2004 Fondation Cartier, Paris
DESIGN
2008 Kiton, Milan, Italie
2002 VIA
2000 Galerie MBE
ARCHITECTURE
2003 Villa Jean-Paul Gaultier
2001 Didier Bohbot, Paris
1998 Heathrow Airport, Londres
PRESSE. press
La démarche anesthétique de Souhed Nemlaghi
La théorie que j’appelle « anesthétique » désigne un champ critique et une possibilité d’élargissement de l’esthétique consistant dans la mise en question et la réflexion sur l’avenir de ses concepts fondamentaux à commencer par le concept d’art. L’esthétique dit : « il y a de l’art » ; la tâche de l’esthétique est de penser les œuvres d’art. Le principe de l’anesthétique, au contraire, serait de dire : « il n’y a pas d’art ; il n’y a pas d’œuvre d’art » ; la tâche de la théorie est de penser cette situation. La théorie anesthétique s’opposerait ainsi à l’esthétique ; et l’alpha privatif accuserait cette distance. Mais un tel préfixe indique une simple absence de détermination, et non une négation. L’anesthétique est seulement un mode de suspension des catégories de l’esthétique. Esthétique et anesthétique se trouvent, en effet, dans un rapport de continuité. Car l’enquête sur les origines historiques de l’esthétique comme discipline métaphysique montre que la proposition anesthétique se trouve également au fondement de l’esthétique comme discipline positive. La proposition « Il n’y a pas d’art » s’entend ainsi en deux sens distincts. L’un concerne le concept de l’œuvre d’art tel qu’il est élaboré historiquement par l’esthétique ; l’autre concerne la réalité présente ou à avenir de l’œuvre d’art. L’analyse de ces deux significations conduit à une redéfinition du champ de l’esthétique comme anesthétique.
Penser l’avenir de l’œuvre d’art, dans ces conditions, c’est penser l’art dans une situation où il se trouve radicalement questionné, dans une situation marquée par la « fin de l’histoire de l’art », par la possible disparition de « l’œuvre d’art », soit dans une situation où il devient possible de dire : « il n’y a pas d’art ». Il ne s’agit pas de prophétiser ce que sera l’œuvre d’art du futur, mais de penser le concept d’art dans une perspective téléologique, soit d’en penser les conditions de possibilité ; de penser l’art, par conséquent, non pas comme un concept empirique, mais comme un concept « transcendantal ». Cela implique : 1° de remettre alors en question le cadre de l’histoire de l’art hérité de l’esthétique ou le cadre de l’esthétique comme science historique ; 2° d’envisager le concept d’art sous une nouvelle forme, sous une forme « anesthétique ». C’est ce à quoi peut nous conduire l’analyse de la proposition « il n’y a pas d’œuvre d’art ».
Texte extrait de l’article « Esthétique et anesthétique : l’avenir de l’œuvre d’art » par Alain Patrick Olivier © Revue Etudes Germaniques, 2009.
La théorie que j’appelle « anesthétique » désigne un champ critique et une possibilité d’élargissement de l’esthétique consistant dans la mise en question et la réflexion sur l’avenir de ses concepts fondamentaux à commencer par le concept d’art. L’esthétique dit : « il y a de l’art » ; la tâche de l’esthétique est de penser les œuvres d’art. Le principe de l’anesthétique, au contraire, serait de dire : « il n’y a pas d’art ; il n’y a pas d’œuvre d’art » ; la tâche de la théorie est de penser cette situation. La théorie anesthétique s’opposerait ainsi à l’esthétique ; et l’alpha privatif accuserait cette distance. Mais un tel préfixe indique une simple absence de détermination, et non une négation. L’anesthétique est seulement un mode de suspension des catégories de l’esthétique. Esthétique et anesthétique se trouvent, en effet, dans un rapport de continuité. Car l’enquête sur les origines historiques de l’esthétique comme discipline métaphysique montre que la proposition anesthétique se trouve également au fondement de l’esthétique comme discipline positive. La proposition « Il n’y a pas d’art » s’entend ainsi en deux sens distincts. L’un concerne le concept de l’œuvre d’art tel qu’il est élaboré historiquement par l’esthétique ; l’autre concerne la réalité présente ou à avenir de l’œuvre d’art. L’analyse de ces deux significations conduit à une redéfinition du champ de l’esthétique comme anesthétique.
Penser l’avenir de l’œuvre d’art, dans ces conditions, c’est penser l’art dans une situation où il se trouve radicalement questionné, dans une situation marquée par la « fin de l’histoire de l’art », par la possible disparition de « l’œuvre d’art », soit dans une situation où il devient possible de dire : « il n’y a pas d’art ». Il ne s’agit pas de prophétiser ce que sera l’œuvre d’art du futur, mais de penser le concept d’art dans une perspective téléologique, soit d’en penser les conditions de possibilité ; de penser l’art, par conséquent, non pas comme un concept empirique, mais comme un concept « transcendantal ». Cela implique : 1° de remettre alors en question le cadre de l’histoire de l’art hérité de l’esthétique ou le cadre de l’esthétique comme science historique ; 2° d’envisager le concept d’art sous une nouvelle forme, sous une forme « anesthétique ». C’est ce à quoi peut nous conduire l’analyse de la proposition « il n’y a pas d’œuvre d’art ».
Texte extrait de l’article « Esthétique et anesthétique : l’avenir de l’œuvre d’art » par Alain Patrick Olivier © Revue Etudes Germaniques, 2009.





