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Goksin Sipahioglu "Passions" du 27 Mai au 30 Juin 2010


En bref

Curators: Jeremy BLAHAY & Philippe DE LA CROIX


Après une immense carrière qui a généré des milliers de clichés qui vont de la guerre au people, Goksin, pour la première fois a choisi de montrer des photos inédites qui ne sont pas pour l’Histoire mais des moments de sa propre histoire.

GÖKŞIN SIPAHIOĞLU
, fondateur de l’Agence SIPA PRESS est pour nous, une référence dans le photojournalisme tout simplement. Dans les années 60, il couvrait déjà les plus grands évènements dans le monde, dont les images marquantes, emblématiques nous accompagnent et nous inspirent encore aujourd’hui! Lorsque l’opportunité de faire une exposition de ses clichés s’est présentée, la place du photographe dans une galerie nous est apparue d’emblée comme une évidence. Nous nous intéressons à l’homme sensible qu’il est, et au photographe intimiste qu’il devient lorsque courageux ici, opportuniste là, charmeur enfin, il arrête le temps et immortalise la beauté. La grâce d’une femme à l’angle d’une ruelle, dans une bicoque ou bien encore face aux barricades, ce sont ces images qui transcendent un quotidien souvent grave et parlent de douceur.

Cette exposition est d’abord l’histoire d’une rencontre entre d’une part ce grand homme témoin et acteur du passé et d’autre part notre jeunesse, rêveuse, en quête d’authenticité, et habituée aux flots d’images actuelles envahissantes.
Nous remercions chaleureusement Férit Duzyol de l’Agence SIPA PRESS, pour sa précieuse collaboration.

Nous espérons partager notre émotion et notre regard sur la photographie de reportage avec tous.

Jeremy Blahay & Philippe de la Croix

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Pour moi GÖKŞIN est un classique, une référence majeure du photojournalisme, comme le sont Capa ou encore Depardon. Mais c’est grâce à ces deux jeunes passionnés que je suis entrée dans son intimité. Il m’est apparu alors plus proche et plus humain que je ne pensais.
Ils ont fait leur sélection de photos. Ce qui est montré, c’est leur choix.

GÖKŞIN est quelqu’un de généreux, de mondain, avec une tendresse toute orientale pour les femmes, ce qui dans notre monde occidental est assez rare! GÖKŞIN, est un séducteur d’une grande délicatesse et je comprends pourquoi les femmes l’ont aimé : il est aimable. Une amabilité d’une autre époque. Il garde cette fraîcheur, cet enthousiasme, ce besoin de partager, cette envie de voir des gens.

Il est unique, sa vie est un roman d’aventures.

Basia Embiricos

Avec le soutient de l'ICART : Article sur le site de l'école

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GÖKŞIN SIPAHIOĞLU
has had an extraordinary career. He has produced countless pictures ranging from the ravages of war to celebrity portraits. A selection of his body of work is exhibited here, this time not as a testimony of history but as pieces of his own history.

SIPAHIOĞLU, who founded the agency SIPA PRESS, is very well known photo journalist. In the 1960s he covered the biggest worldwide events and captured important and memorable pictures. His work is still a great source of inspiration.

The merits of exhibiting his work were obvious to us and having this opportunity we wanted to put the emphasis not only on his pictures but also on the person taking them. We are looking at his sensitive and more intimate side but also at his courage. One moment opportunistic, the other charming, he has the power to stop time and to capture beauty for infinity. Behind the grace of a woman on the corner of a street, in a slum or facing the barricades there is often pain. His pictures transcend the immediate pain of everyday life.

This exhibition celebrates the work of a great witness of our times meeting a younger generation driven by dreams and a quest for authenticity. It does so in a world where pictures are becoming intrusive.

We would like to warmly thank Férit Duzyol from SIPA PRESS agency for his precious collaboration.

We hope to share our feelings and perspectives on photojournalism with you


Jeremy Blahay & Philippe de la Croix, curators

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I personally considered GÖKŞIN SIPAHIOĞLU as a true and main reference of photojournalism such as Capa or Depardon among others. However thanks to these two young passionate curators I discovered another side of his work, a more intimate one. I then sense his humanity and sensibility in a deeper way.
They made their selection of pictures. What is showed illustrates their own choice.

GÖKŞIN SIPAHIOĞLU is a generous and worldly person with a oriental tenderness towards women which is pretty unique in our western world.
A charmer with a high delicacy, I understand why so many women loved him: he is kind. His kindness comes from another time. He still has this brightness and enthusiasm which urge him to share and meet people. He is unique and, as his life, Romanesque.

Basia Embiricos, gallerist

CV. resume


1926
: Né le 28 décembre à Izmir, Turquie. Cursus au Collège Saint-Joseph, puis études de journalisme à l’université d’Istanbul.
1954
: Rédacteur sportif, puis rédacteur en chef du quotidien du soir Istanbul Ekspres.
1956
: Premier photo-reportage pendant la guerre du Sinaï.
1957
: Il fonde Yeni Gazete un journal politique quotidien, en accordant une large place à la photographie.
1960
: Directeur général du quotidien Vatan.
1961
: Débute sa carrière de reporter free-lance et signe des sujets publiés dans les plus grands journaux occidentaux tels que ceux sur les conseillers chinois en Albanie, la crise des missiles à Cuba (son reportage et ses photos, distribués par Associated Press, font la une de 45 quotidiens américains).
1966
: Il devient grand-reporter pour le plus important quotidien turc Hürriyet et sera le correspondant à Paris. Ses reportages photos sont diffusés par les agences Dalmas, Reporters Associés, Gamma en France ainsi que par Black Star à New York.
1968
: Reportage sur Mai 68 diffusé par l’agence Vizo.
1969
: Crée l’agence SIPA PRESS, avec une journaliste américaine, sa compagne, Phyllis Springer, qui devient l’une des plus importantes agences de presse au monde.
1970
: Reportage sur la Chine publié dans Time et Paris Match, ainsi que sur les enfants soldats du Cambodge après proclamation de la République Khmère.
1994
: La France le fait Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres.
2002
: Le 6 juin. Göksin Sipahioglu et Phyllis Springer se marient à Paris.
2003
: Après avoir vendu SIPA PRESS au groupe Sud Communication en 2001, il quitte l’agence deux ans plus tard et ses fonctions de président et directeur général.
2004
: Il est décoré comme Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres par le ministre de la Culture et de la Communication, Renaud Donnedieu de Vabres
2006
: Le président Jacques Chirac le fait Chevalier de la Légion d’Honneur

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1926
: Born in Izmir Göksin Sipahioğlu studied journalism at Istanbul University after finishing Saint Joseph High School in Istanbul.
1954
: He started as a sport writer at the Istanbul Express newspaper and soon became a section editor.
1956
: First photo-reportage during the war of Israel and Egypt.
1957
: He founded Yeni Gazate, a political newspaper, and dedicated a large part of the pu`blication to photography.
1960
: Director at Vatan newspaper.
1961
: He started his career as a freelance journalist and before long his articles and photographs were pubished in the largest western newspapers. Sipahioğlu was ahead of every major event. He was indeed the first to enter communist Albania. His exclusive pictures of the Cuban Missile Crisis were distributed by Associated Press and made the front page of 45 American daily newspapers.
1966
: He became the greatest contributor to Turkish journalism as the reporter and foreign correspondent in Paris of the biggest Turkish newspaper Hürriyet. His pictures were distributed by agencies such as Dalmas, Reporters Associed, Gamma in France and Black Star in New York.
1968
: Being in the front row seat in Paris, Göksin Sipahioğlu covered the French student-worker riots of May 1968. His work was distributed by the agency Vizo.
1969
: With the American journalist Phyllis Singer, he founded SIPA PRESS which soon became one of the world’s most important photo-press agencies.
1970
: Being the first journalist granted a visa to go to China before the Cultural Revolution, he was the only photographer to capture the significant events which occurred during this time. His work was published in Time and Paris Match. After the founding of the Khmer Republic, he photographed child soldiers in Cambodia.
1994
: Göksin Sipahioğlu received the medal of Chevalier of France’s Order of Arts and Letters.
2002
: Göksin Sipahioğlu and long time partner Phyllis Singer got married in Paris.
2003
: Having sold SIPA PRESS to Sud Communications, he left the agency as a CEO.
2004
: He became an Officer of France’s Order of Arts and Letters.
2006
: President Jacques Chirac nominated him Chevalier de la Legion d’Honneur.

PRESSE. press



VOIR DANS LA SECTION "PRESSE" de notre site :

MAGAZINES:
- DIRECT MATIN / MARDI 15 JUIN 2010 / N°699
- PALACE COSTES / JUIN-JUILLET 2010
- PHOTO MAGAZINE / JUIN 2010 / N°470
- POLKA MAGAZINE #9 / ETE 2010
- PARIS MATCH / SEMAINE DU 3 JUIN AU 9 JUIN 2010 / N°3185
- ART MAGAZINE / JUIN 2010 / N°46
- LE JOURNAL DU DIMANCHE / 29-30 MAI 2010
- 20 MINUTES / 27 MAI 2010
- CHASSEUR D'IMAGES / JUIN 2010 / N°324

WEBPRESSE:
- PHOTOSAPIENS.COM
- ARTISTIKREZO.COM
- LEPOINT.FR
- ARRETSURLEMONDE.COM
- SITE DU C.L.E.M.I
- ACTUPHOTO.COM
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Par Yves SIMON


GÖKŞIN SIPAHIOĞLU
a bourlingué sous toutes les longitudes et latitudes de la planète. Armé de son seul courage il affronta le regard noir des fusils pointés sur lui, il a promené sa longue silhouette sur les fronts que la guerre ensanglantait, là où la canonnade se faisait entendre, là où on mourait, là où la vie faisait mal. Mais comme s’il voulait aussi garder les traces des interstices du malheur, il prit le temps de s’arrêter sur les visages, ceux des femmes, il les photographia, non dans l’urgence, mais dans une sorte de paix, les laissant s’offrir à l’argentique dans l’intensité de leur grâce d’un instant. Brèves rencontres d’un objectif et d’un corps, d’un homme et d’une femme, ces madones de combat sont prises là, au moment où elles respirent enfin, à l’abri des armes, à l’heure où la vitalité reprend le dessus, où le danger, provisoirement écarté, elles renouent avec la sensualité, que leur corps est redevenu leur propriété et non une marchandise de guerre que les belligérants pouvaient anéantir d’un seul mouvement de gâchette, quelques secondes plus tôt. Ces corps se donnent, ils sont vivants et montrent dans la pénombre le seul bien qui leur reste : leur beauté.

Images de guerre, images de femmes, SIPAHIOĞLU navigue entre deux eaux, entre deux zones de réalité : la rage et la volupté, la nudité et la mort. Les visages, anonymes ou célèbres, héros toujours d’un mystère qui les dépasse, gardent leur mystère photogénique à jamais : une jeune fille brandissant le Petit Livre Rouge, une femme ouvrière dans une rizière, une autre plus âgée, à bout de souffle, perdue. Pour parvenir à découvrir le secret d’un regard, d’une dégaine, d’un geste ou d’un désespoir, chaque photo est un combat. Entre qui regarde et qui se sait repéré, une danse de séduction s’organise dans l’urgence. Basia Embiricos a eu la bonne idée pour cette exposition de nous montrer les planches contact de GÖKŞIN SIPAHIOĞLU. Ainsi nous pouvons voir comment, en cercles concentriques, le photographe tourne autour de son personnage, de l’évènement, il mitraille sous chaque angle offert durant son approche puis, comme l’animal de la jungle, il fond sur son sujet pour en tirer une ultime image : l’image - avec son arrière-plan pour lui donner sens - celle que la postérité gardera.

Cette exposition résume l’œuvre d’un homme de grande générosité, pour des inconnus, pour des proches, curieux de tout ce qui vit et bouge, avide de sensations, de savoir, qui trimballa sur la planète ses innombrables questions. Quelques réponses se trouvent ici. Pour les autres le mystère demeure. Témoigner? Oui, mais mieux encore, écrire le roman d’un monde en train de se faire et de se défaire : l’éphémère pour le photographe est la règle, comme de saisir au millième de seconde l’implacable opacité des choses.

Yves Simon

Auteur, compositeur, interprète et écrivain.
Prix Médicis en 1991 pour «la dérive des sentiments » (Ed. Grasset)
Il vient de publier «Jack London, le vagabond magnifique » (Ed. Mengès)